jeudi 3 décembre 2009

Poésie de baby burp

linday lemay

J'allais écrire un post frustré sur toutes les crisses de chansons insignifiantes québécoises que j'entends quand j'écoute la radio rock détente dans mon auto (et oui, je l'écoute pour chialer, c'est ma faute, mais j'ai quand même un point), toutes les rimes gnangnan plates et faciles de Annie Villeneuve, Marie-Mai, Boum, dude de Star Académie X Y ou Z, whatever, les mêmes paroles poches qui parlent des mêmes affaires poches, décrites de la même façon poche avec les mêmes quatre accords ennuyants depuis genre... toujours. C'est jamais la même chanson, mais j'ai toujours l'impression de l'avoir entendue un trilliard de fois. Le genre de tounes plates de chansonnier que je pourrais honnêtement écrire dans mon sommeil. Pis vous autres aussi.

C'est quand même fascinant, j'veux dire, est-ce qu'il y a vraiment autant de monde que ça qui ont des émotions aussi cheap, qui sont touchés par ces osties d'âneries-là? C'est fou, manquer à ce point là de profondeur. Je t'aime, tu ne m'aimes plus, aurons-nous un lendemain, dans mon coeur il y a du chagrin, un enfant c'est beau comme une fleur, blablablablablabla coeur. Ça vous touche, vous??? Si oui, je change de carrière.

Exemple, l'horrible ballade de gars de Star Académie avec sa chansonnette de calibre guiteux autour du feu de camp, écrite par quelqu'un d'autre, qui se veut un peu centre-sud, un peu sale, mais doooonc cute, alors qu'en fait elle est tout simplement horrible et m'enlève le gout de fourrer chaque fois que je l'entends:

"C'est vrai qu'à soir j'te trouve sexy,
Devine de quoi j'aurais envie,
Tu'le c'est ti ?
S'pas grave si tu sent le pipi,
J'me sens un peu moisi moéssi.

Tha la dam tha lam dam dam"

(sic). J'ai copié les paroles d'un site d'un fan visiblement illettré. Surprise.

À la limite, chantée par Fred Fortin, ok. Mais par cet insipide petit garçon en plasticine, cet espèce de Quebecwhore (mot de jeu, Verdo, celui-là est juste pour toi), avec des arrangements presque pastoraux, léchés, tupperware, boring, ça perd tout son pseudo sens et ça en devient juste dégoutant. Ç'est non sans me rappeller la magnifique Tu m'aimes-tu, de Richard Desjardins, reprise par un académicien quétaine comme le crisse avec une prononciation de prof de maternelle, que je trouve personnellement blasphématoire. Pire encore, elle joue toujours à la radio, et l'originale, qui la surpasse tellement que j'ai même pas les mots, ne joue presque jamais.

Me semble, tu peux pas juste faire chanter Elliot Smith par les Jonas Brothers, ou Cohen par Jesse Mc Cartney, crisse. Fuck you, Star Académie et ton flot incessant de pauvres dumbass avec un rêve condamnés à chanter du Top 40 pré-usiné et à nous enculer sans arrêt les oreilles.

Autre exemple que j'aime bien, cette ode aux chiennes de Brossard en pants blancs avec des motifs gold dessus, du lip liner brun, du eyeliner blanc pis une mauvaise job de sourcils:

"Ben oui on s'habille sexé
Avec des jeans ben serrés
C't'un nouveau look que t'as jamais vu
Fais toé s'en pas j'suis pas tounue"

Anyway. Mon point était que j'allais faire ça et qu'en cherchant une toune de Nicolas Chiconné, pire crooner gluant à deux piasses pour matantes épaisses de l'univers, je suis tombée sur ce post qui fait en masse la job. Faut vraiment lire les commentaires aussi!!!! Gold.

Mon autre point (cut me some slack, I'm drunk), c'était qu'il fallait absolument que je post cette chanson de Lynda Lemay (soit dit en passant, Lynda Lemay est FOLLE, ok? Cra-zy. Cette fille-là a porté l'art de mettre en musique (i.e. deux accord chigneux) ses poèmes de quatrième année à un tout autre niveau.) Je savais qu'elle écrivait à propos d'aller chercher du lait au dép, de zipper des jeans, de se gratter l'avant-bras, de demander l'heure à quelqu'un, de battre son kid, de ses mentruations, de sa haine des chiens, mais j'en ai découvert une qui m'a vraiment jeté par terre. J'ai rarement été aussi dégoutée en écoutant une chanson de toute ma vie. (Right up there avec la dégoutante Lâche-toi de Patrick Bruel, entendue live alors qu'il faisait crier toute sa crowd gériatrique la phrase titre qui, entre toi pis moi, réfère beaucoup plus à du caca mou qu'à la libération sexuelle.)

C'est une toune plutôt passive-agressive sur l'odeur indécrottable de jus de bébé. Divers fluides, objets, hochets suintants, vomi de lait, fesse and stuff. Pis ça finit bittersweet, dans un inconfort qui a failli me faire genre quitter la pièce. Tu penses qu'elle les aime, mais non. À dit qui sont laittes. J'avais envie d'aller me laver, ou mieux, de me bleacher et pleurer en position fétale dans mon bain. Lynda Lemay est trop weird. Et elle est surproductive, aussi, comme le prouve cette imposante liste de chansons toutes quasi identiques et toutes aussi embarassantes les unes que les autres. Elle arrête juste jamais. Elle me fait peur.

Bref, Sof, mes tits d'amour, celle là est pour toi. Je m'excuse. Tu es la seule personne knocked up que je connais. :)


Quand j'entre chez eux
Ça sent la famille
Ils ont beau s'démener
Avec leurs guenilles
Frotter de leur mieux
Jusqu'à c'que tout brille
Ça sent le bébé
Ça sent la p'tite fille

Ça sent la couche pleine
Et le lait caillé
Et même s'ils viennent
De la nettoyer
Même s'ils ont à peine
Fini d'la poudrer
Ben ça sent quand même
Le nombril mouillé

Dès qu'j'passe leur porte
Ça sent la petite
Ça sent ce qu'elle rote
Et c'qu'elle régurgite
Même s'ils font brûler
Comme des vieux hippies
L'encens l'plus corsé
Ça sent les Huggies

Même s'ils lavent et sèchent
Les serviettes souillées
Et qu'ils se dépêchent
A tout bien ranger
Il reste un arôme
De table à langer
Il reste un fantôme
D'odeur de bébé

Y'a pas un savon
Qui peut estomper
Le fumet d'un bib'ron
Qu'on fait réchauffer
Ça sent les gencives
Qui veulent pas s'percer
Ça sent la salive
Qui arrête pas d'couler

Quand j'entre chez eux
Depuis quelques mois
J'sais pas, c'est dégueu
Ça sent l'pyjama
Un parfum terrible
Qui m'cueille et m'assaille
Ça sent l'fruit d'entrailles
Le p'tit crâne humide

Dès que je m'immisce
Dedans leur bercail
Ou bien la chose pisse
Ou bien la chose braille
Et sitôt qu'elle hurle
Ça sent la mamelle
Gercée qui éjacule
Son jet maternel

Ils ont beau lui mettre
La plus jolie robe
C'est beau, mais j'regrette
Ça sent les microbes
Et même s'ils parfument
Toute la maisonnée
Ça sent le p'tit rhume
Qui va s'propager

Dès que j'passe leur porte
Ça sent à plein pif
Les nuits en compote
Des parents captifs
Ces heures en purée
Que le bébé mange
Pour mieux déféquer
Pour mieux qu'on le change

Ils sont prisonniers
De leur créature
Dès qu'y m'voient entrer
Là, par l'embrasure
D'leur porte plantée
Entre elle et l'air pur
Y m'prient de rester
Et ils me capturent

Y prennent mon manteau
Et l'font disparaître
A l'étage d'en haut
Dans la chambre des maîtres
Ensuite, ils me guident
Vers le berceau d'bois
Et l'ange m'envoie
Son halo fétide

Puis, ça y est, leurs voix
S'élèvent, suppliantes
" Prends-là dans tes bras "
Et ils me la tendent
Dès que j'la saisis
Elle s'raidit, elle louche
Elle force, elle rougit
Elle remplit sa couche

Comble de malheur
C'était pas étanche
Je sens une chaleur
Traverser ma manche
Je porte la fragrance
De l'incontinence
Ça s'accroche aux poils
D'mes parois nasales

Ça sent l'bébé sale
Enfariné d'talc
Ça sent le poulet cru
En train d'mariner
Dans son propre jus
Sa sauce fécale
Ça sent l'p'tit Jésus
Qui a sali sa paille

Ça y est, j'ai l'chandail
Qui sent la cuvette
Y faut que j'm'en aille
Que j'batte en retraite

J'ai l'coeur dans la gorge
Je cherche un mot tendre
Je sais qu'ils attendent
Que j'fonde en éloges
Mais les bébés frais
Chauves comme chev'lus
On sait que c'est laid
Autant que ça pue


Whoa. Ça laisse vraiment rien à l'imagination, hein? Argh. Je me sens pas bien. Puisque j'y croyais pas moi-même, voici l'audio.



8 commentaires:

Verdo a dit…

Ahahaha, merci pour la dédicace du "qbwhore".

You're amazing, surtout pour décrire les filles de Brossard, leur liner mal fait blanc et leur ligne de sourcils.. excellent.

Je t'aime

Sof a dit…

Je me suis rendu à "ça sent ce qu'elle régurgite" et j'ai senti des contractions.
J'ai arrêté.

Je ne sais pas ce qu'on lui a fait, à Linda Lemay, pour qu'elle innonde le monde de ses tounes.
Mais personnellement, j'ai une petite préférence pour cette phrase, tirée de je ne sais quel groupe insignifiant:

«J'ai besoin de toi pour me dire, dans les erreurs les plus pires».

«Une chance qu'on s'a». tsé.

gaelle a dit…

Voyons dont!
"la chose"...
t'as bien fait de mettre l'audio, j'aurais vraiment cru que tu l'avais inventé toi-même!

Renart L'éveillé a dit…

Tabarnac.

Pis l'ostie de dernier gagnant de Star Académie, c'est un néant de personnalité sur deux pattes, autant l'allure que la voix.

De quoi rendre mon expérience en épicerie encore plus agressive.

Maquesime a dit…

Cette chanson pue.
Juste pour augmenter le goût de vomit qui se promène dans la bouche, allez écouter Garou qui chante SORRY de Madonna sur son nouvel album de reprises poche.

Laurence a dit…

Ewwwww! Maquesime tu m'as incité à aller écouter la toune de Garou sur iTunes...l'album AU COMPLET est un album de reprise, good god! *barf*

Noémie a dit…

@Lau: ouais, il est witty en plus, il a nommé son album "gentleman cambrioleur" or something. Bobo.

Gab a dit…

ARQUE oui j'ai entendu ce cover la! Garou est immonde, Enur style.

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